Livre sur la Chine

Bibliographie du Livre sur la Chine

Éditions: 

Paul Claudel, Livre sur la Chine, introduction de Jacques Houriez, Lausanne, L'Age d'Homme, coll. du Centre Jacques-Petit, 1995.
Paul Claudel, L'Arsenal de Fou-tchéou - Oeuvres consulaires : Chine 1895-1905, introduction de Jacques Houriez, Lausanne, L'Age d'Homme, coll. du Centre Jacques-Petit, 1996.
Paul Claudel, Sous le signe du dragon, Paris, éd. de la Table ronde, 1948.
Paul Claudel, Sous le signe du dragon (extrait), in Oeuvres en prose, Paris, Gallimard, coll. "Bibliothèque de La Pléiade", 1965.
Paul Claudel, Sous le signe du dragon, Paris, Gallimard, 1957.

Bibliographie critique: 

Yvan Daniel, Paul Claudel et l'empire du Milieu, Paris, éd. Les Indes savantes, 2003. Voir ch. II, 2, "Du Livre sur la Chine à Sous le signe du dragon : une vision de l'Asie orientale".

Yvan Daniel, "Conseils d'un poète à une banque : Paul Claudel et les premiers pas de la Banque de l'Indochine en Chine", Europe - Asie : Echanges, éthiques et marchés (XVIIème - XXIème siècles), Paris, éd. Les Indes savantes, 2004.

Christopher Flood, Pensée politique et imagination historique dans l'oeuvre de Paul Claudel, trad. de I. Geesen et A. Morgan, Paris, Annales littéraires de l'Université de Besançon, n° 437, 1991.

Gilbert Gadoffre, Claudel et l'Univers chinois, Cahiers Paul Claudel 8, Paris, Gallimard, 1968. Voir partie I, ch. 6, "Le Livre sur la Chine".

Jean-Pierre Kempf, L’Oiseau noir dans le Soleil levant, introduction, variantes et notes, Annales  littéraires de l’Université de Besançon, Les Belles Lettres, 1981.

Le Livre sur la Chine et L'oiseau noir dans le soleil levant

CHOSES DE CHINE
(...)
Car, il est vrai, je n'ai qu'à fermer les yeux et je me retrouve tout de suite sous la véranda de ma maison de Fou-Tchéou que ventile la brise de l'après-midi. Seul moment de fraîcheur entre la fournaise matinale et la cuisson nocturne ! J'entends battre les larges stores qui s'agitent d'un bout à l'autre de la galerie, les cigales au dehors font un vacarme assourdissant, ces cigales chanteuses de là-bas dont le répertoire comporte un triple motif et que tout à l'heure le chœur innombrable des grenouilles, interrompu par quelque hurlement de chien paria va relayer. Je suis seul dans cette immense maison solitaire d'où la tragédie n'a pas toujours été absente. Au-dessous de moi dans le sous-sol s'agite le petit peuple des serviteurs, augmenté des visiteurs occasionnels, femmes, parents, camarades, colporteurs, barbiers, un petit village d'où se dégage une faible odeur d'opium. De temps en temps, les figures changent et quand la peste ou le choléra, comme il arrive, viennent chez moi, on dirait sur la pointe du pied, vérifier ce qu'il y a pour eux, il n'est pas exceptionnel que l'on voie discrètement émaner quelque cercueil. Mais les cercueils ne sont pas rares en Chine, ceux qui sont déjà confortablement installés au centre de l'oméga rituel ou ceux qui attendent sur le seuil la décision du géomancien : j'habite moi-même un cimetière dont le repos n'a jamais inquiété le mien. (.…)
 
(9 mars 1936)
 

Contacts et circonstances, Œuvres en Prose, Gallimard, La Pléiade, pp. 1020-1021.

Livre sur la Chine

Oiseau noir
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