Le Soulier de satin

Le Soulier de satin de Paul Claudel

Théâtre
Le 10 et le 11 décembre 2016
Salle Kabuki Shunjura, Théâtre de Kyoto Japon

Le Soulier de satin, de Paul Claudel

Théâtre
À partir du 1er janvier 2015, pendant 4 mois,
Théâtre le Point du Jour 7 rue des aqueducs 69005 Lyon Tél: 04 72 38 72 50

Le Soulier de satin, résumé

La pièce est divisée en quatre parties, appelées sur le modèle du théâtre espagnol « journées ».

Première journée

L’action se déroule à l’époque des grandes découvertes lorsque les caravelles des conquistadores sillonnaient les mers.

Les Amants stellaires

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Exposition

L'association Camille et Paul Claudel en Tardenois et le CDNl d'Orléans ont évoqué la mise en scène de 2003 du Soulier de satin d'Olivier Py sous forme d'une exposition scénographiée.

Du 16 septembre au 20 novembre 2005
Laon, bibliothèque Suzanne Martinet, chapelle de l'Abbaye Saint-Martin

Bibliographie pour Le Soulier de Satin

Éditions: 

P. Claudel, Le Soulier de satin, préface et dossier de Michel Autrand, Gallimard, "Folio théâtre",1997.

Antoinette Weber-Caflisch, Le Soulier de satin de Paul Claudel, Annales littéraires de l'Université de Besançon, n° 334, Les Belles Lettres, 1987.

Bibliographie critique: 

Pierre Brunel, Le Soulier de Satin devant la critique : dilemme et controverses, Minard, 1964.

Antoinette Weber-Caflish, édition critique du Soulier de satin, 3 vol., Les Belles lettres, 1985-1987

Michel Autrand, Le Soulier de satin, étude dramaturgique, Champion, 1987.

Dominique Millet-Gérard, Formes baroques dans Le Soulier de satin, Champion, 1997.

Bernard Hue, Rêve et réalité dans Le Soulier de satin, Presses Universitaires de Rennes, 2005.

Pascale Thouvenin (coord.), Une journée autour du Soulier de satin, Poussière d’or, 2006.

Scénographie, iconographie : Eloi Recoing, Le Soulier de satin. Antoine Vitez. Journal de bord, Le Monde Editions, 1991.

Le Soulier de satin

VERSION POUR LA SCÈNE
 
LE VICE-ROI. — Officiers, compagnons d'armes, hommes assemblés ici qui respirez vaguement autour de moi dans l'obscurité,
Et qui tous avez entendu parler de la lettre à Rodrigue et de ce long désir entre cette femme et moi qui est un proverbe depuis dix ans entre les deux Mondes,
… Regardez-là qui à la fin est apparue à mon bord et qui vient me demander compte de ce monde qu'elle m'a obligé à créer !
Bien des femmes sont venues au monde pour la ruine des villes et des empires, pour la honte et l'extermination des âmes d'hommes.
Mais j'accuse celle-ci qui a été pour moi plus cruelle et plus impitoyable.
Non point par sa présence et par ce lit qu'elle a partagé avec moi.
Mais par sa continuelle absence depuis dix ans, et par ce lit, par ce lit, par ce lit de sa continuelle absence depuis dix ans qu'elle n'a cessé de partager avec moi !
Et maintenant je vous prends tous à témoin que j'ai fait mon œuvre et qu'elle n'a plus rien à me demander.
Vous m'avez trouvé dur, violent, cruel, exigeant et parfois injuste ; mais moi-même est-ce que je me suis épargné?
Je vous prends à témoin que j'ai fait mon œuvre, et qu'un nouveau monde est sorti de la mer et que ces mains lui ont donné une forme !
La forme de cette femme en ce monde qu'il m'a été à jamais refusé de posséder !
Le plus humble artisan reçoit son salaire, et moi, je prends le ciel et la terre à témoin que je n'ai pas eu ma récompense !
J'accuse cette femme qui n'est apparue à mon bord que pour se moquer de moi
Et pour me montrer une dernière fois ce visage qu'elle a décidé à jamais de me refuser !
Ce visage, ce visage cruel, qu'elle a décidé à jamais de me refuser !
Ce visage pour que j'en aie possession qu'elle a décidé à jamais de me refuser.
Mais viens maintenant, je vais te prendre par la main, Madame, viens avec moi, viens, mon amour, viens, mes délices, viens, iniquité.
Prends ma main !
Je vais te montrer ce chemin, cet amer chemin que j'ai cheminé seul bien des nuits en ton amère compagnie, en ta détestable compagnie.
D'un bout à l'autre de cette horrible véranda, renvoyé d'un bout à l'autre de cette horrible véranda comme la navette aux mains des noires tisseuses !
Le chemin n'est pas long, que nous avons à faire ensemble, toi et moi, en cette vie.

Quelques pas seulement ensemble, mon amour, mais il y tient toute une vie, la vie d'un cœur trop aimant, trop fidèle mon amour, la vie d'un homme misérable. (…)

Le Soulier de Satin, Théâtre II. Gallimard, Pléiade, p. 1096-1097 - D.R.
Le Soulier de satin
  Le Soulier de satin
mise en scène
Olivier Py (2003)
CDN Orléans
avec John Arnold,
Philippe Girard
photo Alain Fonteray
Adaptations cinématographiques: 
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