La trilogie des Coûfontaine

Bibliographie de la trilogie des Coûfontaine

Éditions: 

Jean-Pierre Kempf et Jacques Petit, L'Otage de Paul Claudel, introduction, variantes et notes, Annales littéraires de l'Université de Besançon, n°194, Les Belles Lettres, 1977.

Id., Le Pain dur de Paul Claudel, introduction, variantes et notes, Annales littéraires de l'Université de Besançon, n°170, Les Belles Lettres, 1975.

Bibliographie critique: 

Georges Cattaui, Claudel. Le Cycle des Coûfontaine et le mystère d'Israël, Paris, Desclée De Brouwer, 1968.

Pierre Brunel, L'Otage de Paul Claudel ou le théâtre de l'énigme, Archives des Lettres Modernes, n°53, 1964 (2).

Jean-Pierre Kempf et Jacques Petit, Études sur la "Trilogie" de Claudel. Archives des Lettres Modernes. 1. L'Otage, n°66, 1966 (6) ; 2. Le Pain dur, n°77, 1967 (4) ; Le Père humilié, n°87, 1968 (3).

Paul Claudel, IV, L'Histoire, Revue des Lettres Modernes, n°150-152, Minard, 1967.

La trilogie des Coûfontaine

TURELURE. — Est-ce contre le Roi que la révolution a été faite, ou contre Dieu ? ou contre les nobles, et les moines, et les parlements, et tous ces corps biscornus ! Entendez-moi :
C'est une révolution contre le hasard !
Quand un homme veut remettre son bien ruiné en état,
Il ne va pas s'embarrasser superstitieusement d'usage et de tradition, ni continuer à faire simplement ce qu'il faisait.
Il a souci de choses plus anciennes qui sont la terre et le soleil,
Se fiant dans sa propre raison.
[...]
Et c'est moi qui ai tort de parler raison.
Il ne s'agissait guère de raison au beau soleil de ce bel été de l'An Un ! Que les reines-Claude ont été bonnes, cette année-là, il n'y avait qu'à les cueillir, et qu'il faisait chaud !
Seigneur ! que nous étions jeunes alors, le monde n'était pas assez grand pour nous !
On allait flanquer toute la vieillerie par terre, on allait faire quelque chose de bien plus beau !
On allait tout ouvrir, on allait coucher tous ensemble, on allait se promener sans contrainte et sans culotte au milieu de l'univers régénéré, on allait se mettre en marche au travers de la terre délivrée des dieux et des tyrans !
C'est la faute aussi de toutes ces vieilles choses qui n'étaient pas solides, c'était trop tentant de les secouer un petit peu pour voir ce qui arriverait !
Est-ce notre faute si tout nous est tombé sur le dos ? Ma foi, je ne regrette rien.
C'est comme ce gros Louis Seize ! la tête ne lui tenait guère.
Quantum potes, tantum aude ! C'est la devise des Français.

Et tant qu'il y aura des Français, vous ne leur ôterez pas le vieil enthousiasme, vous ne leur ôterez pas le vieil esprit risque-tout d'aventure et d'invention !

L'Otage, acte II, sc. 1., Théâtre, t. II, La Pléiade, p. 258-259

L'Otage
L'Otage, mise en scène
Bernard Sobel Théâtre
de Gennevilliers
Photo Élisabeth Carecchio (DR)

 

L’Otage

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