Les Amants stellaires

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Exposition

L'association Camille et Paul Claudel en Tardenois et le CDNl d'Orléans ont évoqué la mise en scène de 2003 du Soulier de satin d'Olivier Py sous forme d'une exposition scénographiée.

Du 16 septembre au 20 novembre 2005
Laon, bibliothèque Suzanne Martinet, chapelle de l'Abbaye Saint-Martin

Le Soulier de satin a marqué l'actualité dramatique en 2003 avec la mise en scène de la version intégrale de la pièce par Olivier Py, au Centre Dramatique National d'Orléans. Ce spectacle, d'une ampleur impressionnante, a reçu le Prix de la Critique et a été représenté à Caen, Strasbourg, Genève et Paris au Théâtre de la Ville où il a fait salle comble pendant un mois et demi. Il a été rejoué en août 2004 au Festival d'Edimbourg.

L'association Camille et Paul Claudel en Tardenois, en partenariat avec le Centre Dramatique National d'Orléans, se propose d'évoquer ce spectacle exceptionnel en présentant sous forme d'une exposition scénographiée par Thibaut Fack, une vingtaine de costumes de la pièce et des éléments du décor réalisé par Pierre-André Weitz, le tout accompagné de photographies d'Alain Fonteray.

L'exposition est accueillie par la Ville de Laon, à la bibliothèque Suzanne Martinet – chapelle de l'Abbaye Saint-Martin – du 16 septembre au 20 novembre 2005.

Animations dans le cadre de l'exposition

Présentation d'ouvrages rares et d'éditions originales prêtées à la bibliothèque de Laon par l'association Camille et Paul Claudel en Tardenois et des collectionneurs particuliers.
Lire en fête 2005  : lecture-spectacle itinérante dans les maisons d'écrivains en Picardie, « Par monts, par vaux et par mots ». Exceptionnellement cette lecture se fera à Laon (la maison natale de Claudel n'étant pas encore ouverte au public), le 15 octobre 2005, à 20H45, à la Maison des Arts et Loisirs de Laon.
Partenariat : Agence Régionale pour le Patrimoine en Picardie, Centre National du Livre, Association Camille et Paul Claudel.

Lecture publique de l'œuvre écrite par Jean-Pierre Cannet accueilli en résidence d'écriture dans le Tardenois au printemps 2005. Partenariat : DRAC, Communauté de communes du Sud de l'Aisne, Association Camille et Paul Claudel, 15 novembre 2005 (heure et lieu à confirmer).

Soirée cinéma animée par Jacques Parsi : la vie et l'œuvre de Paul Claudel à travers un choix d'archives de l'INA et d'extraits de L'Echange et du Soulier de satin (Maison des Arts et Loisirs à Laon, date à définir).

Partenariat avec l'IUFM de Laon, sur un module de formation interdisciplinaire : les arts du théâtre.

Partenariat avec le lycée Paul Claudel de Laon, classes de première et de L3 :
•  la création d'une scénographie, avec le scénographe de l'exposition.
•  Travail sur des textes de Paul Claudel, débouchant sur une lecture publique.Ces manifestations ont reçu le soutien de la DRAC, du Conseil Régional de Picardie, du département de l'Aisne, de la Ville de Laon.

Parcours de l'exposition  

La scène de ce drame est le monde et plus spécialement l'Espagne à la fin du XVIe siècle, à moins que ce ne soit le début du XVIIe siècle. L'auteur s'est permis de comprimer les pays et les époques, de même qu'à la distance voulue plusieurs lignes de montagnes séparées ne font plus qu'un seul horizon.  

Paul Claudel – Le Soulier de satin , première journée.
Ce drame est l'histoire de deux amants qui ne peuvent parvenir à se rejoindre.
Prouhèze aime Rodrigue, Rodrigue aime Prouhèze. L'histoire paraît simple. Mais il faut compter avec les autres personnages. Don Pélage, mari de Prouhèze aime celle-ci. Don Camille l'aime aussi. Il sera le deuxième mari, dont elle aura une fille, Do ña Sept-Epées.
Quelle scénographie pour rendre compte à la fois, des lieux - le monde -, de l'époque - le XVIe ou le début du XVIIe siècle -, du foisonnement des personnages et des symboles, dans cette histoire des deux amants où les échos et les reflets se multiplient ?
Prouhèze est au cœur du drame. Elle est au centre du parcours, des images des trois premières journées s'articulant autour du tableau central :

[1] Prouhèze, décidée à rejoindre Rodrigue par tous les moyens remet symboliquement son soulier à la Vierge, de façon à ne s'élancer vers le mal qu'avec « un pied boiteux » (première journée). Ce que ne manquera pas d'entendre son ange gardien.
Autour de cette scène et la préparant, quelques scènes importantes du Soulier de satin , isolées dans quatre cellules, comme des instantanés, qui saisissent le drame dans sa chronologie et dans son architecture.

[2] La servante noire de Prouhèze, Jobarbara, et le serviteur chinois de Rodrigue, Isidore, (première journée – scène 11)
Le Chinois apprend à Jobarbara que Rodrigue, blessé dans une attaque, a été transporté dans le château de sa mère Do ñ a Honoria.

[3] Do ñ a Honoria, la mère de Rodrigue, et Don Pélage, mari de Prouhèze (deuxième journée – scène 3)
Prouhèze s'est réfugiée chez Do ñ a Honoria, près de Rodrigue blessé. Don Pélage réussit à éloigner Prouhèze de Rodrigue en lui proposant « à la place d'une tentation, une tentation plus grande encore » : aller défendre Mogador au nom du roi d'Espagne.

[4] Don Camille et Don Rodrigue (deuxième journée – scène 11)
A Mogador, Don Camille qui est sous les ordres de Prouhèze affronte Rodrigue, venu chercher la femme qu'il aime. Camille lui annonce que Prouhèze décide de rester à Mogador.

[5] Do ñ a Musique (troisième journée – scène 1)
Do ñ a Musique, est une cousine de Prouhèze, comme le reflet de celle-ci, « une espèce de fusée de rire, de joie, de bonheur… ». Elle s'est enfuie d'Espagne pour rejoindre le Vice-roi de Naples qu'elle a épousé et dont elle attend un enfant. Elle est à Prague et prie dans l'église Saint-Nicolas pour la l'Europe et pour la paix.
Des personnages symboliques – la Lune, L'Ange gardien, L'Ombre double – interviennent, élargissant la scène du drame à sa dimension universelle.

[6] La Lune (deuxième journée – scène 14)
La Lune observe les amants séparés dans la nuit, et redit ce qu'ils sont l'un pour l'autre dans un final apaisé de la deuxième journée.

[7] L'Ange gardien et Prouhèze (troisième journée – scène 11)
L'Ange gardien de Prouhèze lui apparaît dans son sommeil et lui demande de renoncer à Rodrigue sur cette terre. Elle sera à jamais pour lui une étoile « séparée » mais  conductrice.
Ainsi on a pu suivre le double parcours des amants dans le drame qui les conduit jusqu'à la mort de Prouhèze à la fin de la troisième journée.
Resté seul avec Do ñ a Sept-Epées, Rodrigue est le héros de la quatrième journée, une fête nautique, intitulée par Claudel « Sous le vent des Baléares ».

[8] Changement de ton donc avec le tableau final qui réunit sur une seule scène, entre la satire (le Roi d'Espagne) et le grotesque (les pêcheurs, Bogotillos, Maltropillo, Mangiacavallo, Alcochete), l'ensemble des personnages de cette « folle Journée », regard apaisé de Rodrigue sur le monde.
Dans ce parcours, et dans un jeu de miroirs, la matérialité des costumes de théâtre, s'affirme, face aux photos du spectacle, représentation d'une réalité scénique à un moment donné.
Association Camille et Paul Claudel en Tardenois, 4, Rue de Rugny, 02130, Arcy-Sainte-Restitue.